Le projet HOUSING FIRST NAMUR

Namur est souvent considérée comme une ville bourgeoise. Pourtant, elle n’échappe pas à la problématique de la grande précarité et du sans-abrisme.


Quelques chiffres pour l’année 2014 :

  • 645 personnes différentes ont transité à l’abri de nuit pour un total de 8.662 nuitées ;
  • 376 personnes différentes ont été rencontrées par les Équipes Mobiles de Rue (EMR) ;
  • 811 personnes différentes ont été rencontrées au relais santé ;
  • 4.839 personnes différentes ont été rencontrées par les différents services (ou par une partie) actifs dans la grande précarité et le sans-abrisme à Namur.


Les opérateurs de terrain constatent malheureusement qu’il est parfois difficile voire impossible, malgré un réseau élargi et collaboratif, de trouver une solution adaptée pour un nombre non-négligeable de personnes, notamment en ce qui concerne l’accès au logement.


En effet, celui-ci s’avère souvent trop rare et inaccessible pour des personnes ayant un long parcours de rue et souffrant de troubles mentaux et/ou d’assuétudes.



Partant de ce constat, il a été décidé au départ du Relais social urbain namurois et des EMR[1], d’implémenter le modèle Housing First Namur.



Ce choix n’est pas neutre : les travailleurs de terrain capitalisent déjà de multiples expertises, tant théoriques que pratiques et connaissent la plupart des personnes qui pourraient bénéficier d’un accompagnement de type « housing first ».


Par ce biais, l’équipe tente de trouver une réponse structurelle et durable pour les personnes côtoyées à travers la mise en logement inconditionnelle[2] au bénéfice des personnes qui ne trouvent plus aucune solution institutionnelle.


L’équipe est constituée :

  • d’une éducatrice,
  • d’une psychologue,
  • de deux assistants sociaux,
  • de deux infirmiers.


Cela permet d’offrir un accompagnement intensif, adapté et pluridisciplinaire. L’équipe  travaille selon les besoins de la personne dans chacune des dimensions pour lesquelles elle souhaite être accompagnée (recherche et entretien du logement, réalisation de démarches psycho-socio-éducatives, remise en ordre administrative, recréation de liens sociaux, etc.).



Ce travail s’effectue avec le reste du réseau namurois : CPAS, ville, restaurants sociaux et services d’accueil de jour, secteur de la santé mentale, etc. Sans oublier bien sûr les partenaires publics « logement » que sont l’Agence Immobilière Sociale (AIS) GLN et les Sociétés de Logement de Service Publics (SLSP) namuroises.


Trouver du logement s’avère bien souvent une gageure et les ambitions ici poursuivies ne pourraient être rencontrées sans ces partenaires.



A travers cette expérimentation, l’espoir est de trouver une réponse structurelle pour les personnes sans-abri namuroises et conscientiser ainsi les acteurs (politiques, publics et associatifs) sur les effets bénéfiques d’un renversement de paradigme en matière d’accompagnement de ces personnes : le premier changement étant de recommencer à croire en des solutions pour celles-ci !




[1] Namur Entraide Sida, Relais Santé, Salamandre, Travailleurs Sociaux de Proximité.

[2] Pas question donc de conditionner l’accès au logement à l’accompagnement ou encore à d’autres démarches (traitement des assuétudes, formulation et construction d’un projet d’insertion socio-professionnelle, prise en charge psychiatrique, etc.) : si la personne décide d’arrêter l’accompagnement, elle maintient son logement.